samedi 23 août 2014

SPECIAL ANNIVERSAIRE / ITW FLASHBACK / CHANTAL GOYA / 30 SEPTEMBRE 2009

ITW / Chantal Goya
Promo / Livre "Des poussières d'étoiles plein les yeux" (Flammarion, 2009)
Date / 30/09/2009


Patrick Roulph / 80's records : Bonjour Chantal Goya, avant toute chose, peut-on avoir des nouvelles de Marie-Rose ?

Chantal Goya : Marie-Rose va bien, elle prépare son spectacle. Marie-Rose est en pleine répétition pour le spectacle du 14 et 15 novembre qu’elle donnera au Palais des Congrès à Paris puis dans toute la France.

Patrick Roulph / 80's records : Vous êtes actuellement en répétition. Comment appréhendez-vous ce nouveau rendez-vous ? Etes-vous traqueuse ?

Chantal Goya : Je ne suis pas une traqueuse. J’adore être sur la scène. Je suis plus une traqueuse dans la vie, par exemple dans un restaurant bondé, je suis terrorisée, je n’ose pas traverser. Alors je baisse la tête et je fonce.

Patrick Roulph / 80's records : Etes-vous attentive aux retombées de ce livre. Aux premières critiques ? (L’interview a lieu une semaine après la sortie du livre).

Chantal Goya : Complètement, hier j’étais à Lille, j’ai écouté ce que les journalistes avaient à me dire. Ce livre est très important. Les journalistes peuvent aimer ce livre, c’est fabuleux, ou ne pas aimer, ce qui est leur droit. Mais tous m’ont avoué avoir découvert une Chantal Goya qu’ils ne connaissaient pas. Ils ne savaient pas que ma petite enfance était à ce point rempli d’embûches et de difficultés.

Patrick Roulph / 80's records : Je trouve le titre de ce livre très joli. « Des poussières d’étoiles dans les yeux ». A t-il une histoire ? A qui le doit-on ?



Chantal Goya : Lorsque j’ai joué pour la première fois mon spectacle « Happy Birthday Marie-Rose », c’était à Lille, j’ai alors rencontré une maman dont le jeune garçon lui a demandé en début de spectacle pourquoi pleurait-elle ? Sa jeune maman lui a répondu « J’ai des poussières d’étoiles dans les yeux ». J’ai trouvé cette formule très jolie.

Patrick Roulph / 80's records : Le visuel sobre de ce livre ainsi que la maquette sont proches des visuels utilisés dans les années 60. J’imagine que c’est voulu.

Chantal Goya : Bien sûr.

Patrick Roulph / 80's records : Qui l’a décidé ?

Chantal Goya : C’est l’équipe de Flammarion. J’ai amené la photo, ils ont ensuite travaillé sur cette couverture avec la bande blanche autour, ce qui est nouveau chez Flammarion.

Patrick Roulph / 80's records : De quand date la photo ?

Chantal Goya : La photo a été prise l’an passé.

Patrick Roulph / 80's records : Quel a été l’élément déclencheur de ce récit ?

Chantal Goya : Ce livre a été écrit en collaboration avec Jacques Pessis. Je connais très bien Jacques Pessis, nous avions publié « Tu t’appelles Chantal Goya comment ? ». Ce livre paru en 1993 a été fait sous forme de conversation mais pas comme un livre de souvenirs. Nous avons donc décidé de proposer quelques choses de différent. Pour ce nouveau livre nous avons tout repris depuis le départ. Nous nous sommes retrouvés à Pâques pour commencer l’écriture de ce livre « Des poussières d’étoiles dans les yeux ».

Patrick Roulph / 80's records : Ca a été rapide !

Chantal Goya : Oui. Je sais être spectatrice de ma vie, il m’est donc facile de raconter un tas de souvenirs au travers d’un magnétophone. Le souci de Jacques Pessis était de retrouver dans le récit la façon dont je parle. Nous avons fait ce livre de façon spontanée, ce livre est en parfaite équation avec la façon dont je parle.

Patrick Roulph / 80's records : Dès le prologue de ce livre vous annoncez la couleur : « conne, mais icône ». Avez-vous des comptes à régler ?

Chantal Goya : J’ai trouvé cette formule drôle. Ce sont des jeunes qui vont lire ce livre, ils ont 25-30 ans, j’ai trouvé amusant d’aller dans ce sens. Le mot « conne » ne vient pas du personnage Chantal Goya, mais simplement du fait que le public ne comprenait pas pourquoi de Godard je passais à Bécassine. Mais il faut qu’elle soit conne pour faire ça ! a-t-on dit. C’est un mot qui a circulé. J’ai trouvé bien de rajouter un i devant, voilà tout.

Patrick Roulph / 80's records : Il vous est arrivé des événements violant durant votre enfance. Vous parlez à plusieurs reprises de votre bonne étoile. Je veux bien le croire. Mais une question, d’où tirez-vous votre énergie ?

Chantal Goya : Tout le monde me pose cette question ! J’ai dû l’avoir en naissant cette énergie. Je pense que c’est également dû à mon caractère de Vosgienne. Mon papa est né dans les Vosges, les vosgiens sont très obtus, ils vont jusqu’au bout. Et maman, qui est originaire du sud-ouest, de Tarbes précisément, n’est pas mal non plus. Je pense avoir ce caractère bien trempé de la famille.

Patrick Roulph / 80's records : Vous possédez quand même une bonne dose de culot ou alors d’inconscience !

Chantal Goya : Il y a les deux ! De l’inconscience au départ et du culot ensuite.

Patrick Roulph / 80's records : Au début des années 70 vous semblez vouloir arrêter le cinéma. Côté disque, vous n’enregistrez plus. Quels étaient alors vos désirs professionnels ? A quoi aspiriez-vous ?

Chantal Goya : J’étais une jeune maman, je m’occupais de la maison. Je m’occupais des enfants, du jardin, du potager, je n’étais pas du tout dans le circuit. Dans ma tête j’étais passé à autre chose.

Patrick Roulph / 80's records : A l’époque de vos premiers 45 tours, il était bon ton pour les artistes d’enregistrer leurs titres en langues étrangères. L’avez-vous fait ?

Chantal Goya : J’ai enregistré un album en 1980 en espagnol. J’ai aussi enregistré « Allons chanter avec Mickey » en anglais pour Disney, puis je suis allé aux Etats-Unis en 1997 pour NBC Thanksgiving Day chanter « Pandi Panda » en anglais. Nous avions à l’époque le projet de monter mes spectacles au Radio City Music Hall à New York puis entre temps mon producteur est mort et ça ne s’est pas fait.

Patrick Roulph / 80's records : Vous racontez dans le livre l’histoire extraordinaire de la chanson du chasseur, sa création. D’ailleurs vos enfants participaient en tant que figurant lors des émissions télé. Vos enfants Jean-Paul et Clarisse ont été épargnés du monde du show-biz, des paparazzi. Les avez-vous protégé ?

Chantal Goya : Ca a été naturel. Ma fille m’a dit un jour qu’elle ne voulait pas faire de photo sauf pour « Jour de France », célèbre magazine de l’époque, car nous étions ami avec l’un des photographes. Sinon j’ai toujours dit non aux photographes. Je me souviens lorsque ma fille avait 17 ans, nous étions à Marrakech pour l’inauguration de l’hôtel Mamounia, elle a dit à tous les photographes, « pas une photo de moi », ils ont tous posé leur appareil !

Patrick Roulph / 80's records : De nombreuses personnalités figurent dans le cahier photos du livre ? Quelles seraient vos 3 plus belles rencontres ?

Chantal Goya : Robert Doisneau, Jean-Jacques Debout et Jean-Luc Godard restent mes trois plus belles rencontres.

Patrick Roulph / 80's records : La rencontre avec Hergé, dont ne figure aucune photo est aussi extraordinaire !

Chantal Goya : Tout à fait. C’était en 1981, j’étais en Belgique. Hergé m’a alors confié qu’il aimerait une chanson avec Tintin. Il m’avait vu sur scène avec Bécassine. Au moins on ne peut plus dire que Tintin est misogyne.

Patrick Roulph / 80's records : On a à peu près tout dit sur Chantal Goya, tout sauf peut être l’essentiel : que fait Chantal Goya lorsqu’elle ne travaille pas.

Chantal Goya : J’adore me promener dans Paris. J’ai connu Paris enfant. Je me promène beaucoup au hasard des rues. Je redécouvre toujours un lieu, un endroit. Paris est merveilleux. J’amène mes petits-enfants se promener, nous allons au cinéma ou bien au jardin d’acclimatation.

Patrick Roulph / 80's records : Il existe de nombreux sites internet consacrés à votre carrière.

Chantal Goya : De nombreux sites me sont consacrés, c’est vrai. Ce sont des fans qui sont à la base de ce travail, et ils le font très bien. J’ai un fan qui a rassemblé sur une centaine de DVD toutes les émissions de télévisions. De 1964 à aujourd’hui. Il doit y avoir plus de 2000 émissions de télévisions. Des journaux télévisés avec Yves Mourousi, ou Daniel Bilalian, des émissions dont je ne souvenais plus.

Patrick Roulph / 80's records : Surveillez-vous ces sites internet, ce qui se raconte sur vous ?

Chantal Goya : Non. Je ne vais pas sur les forums. Quelquefois on m’appelle pour me tenir informé.

Patrick Roulph / 80's records : Votre public est tri-générationnel. Lors de vos rencontres après les spectacles, de quoi vous parle-t-on le plus souvent ?

Chantal Goya : De mon énergie, de ma forme. On me demande aussi comment je fais pour être toujours de bonne humeur ! Comment je fais pour paraître jeune ! Alors là je n’en sais rien, c’est le mystère de la vie ! Mais j’ai toujours eu un décalage. Enfant lorsque j’avais 7 ans j’en faisais 4, lorsque j’en avais 12 j’en faisais 6 ! Mais je ne fais rien de spécial. Je ne fais pas de gymnastique, je mange pratiquement de tout, dont de bons plats en sauce. Je fais tout de même attention à ma ligne lorsque je dois faire des spectacles afin de rentrer dans ma robe. Mais je suis une bonne vivante. Bon d’accord, je ne bois pas d’alcool, je ne peux même pas boire de vin puisque je suis allergique au tanin, contenu dans le vin. Ca me fait des quintes de tout c’est horrible. Je ne fume pas non plus.

Patrick Roulph / 80's records : Quelle image pensez-vous avoir aujourd’hui ?

Chantal Goya : Je pense avoir l’image de quelqu’un qui a fait rêver toute une génération durant les années 80. Je représente l’enfance de cette génération. Et on me dit continuez !

Patrick Roulph / 80's records : Enfin, qu’aimeriez-vous que le public retiennent de vous ?

Chantal Goya : Ma sincérité, ma franchise, ma disponibilité lorsque je croise mon public. Toutes mes belles chansons et mes plus beaux spectacles.

Site officiel http://www.chantalgoya.net

Interview Patrick Roulph réalisée le 30/09/2009

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