mercredi 2 juillet 2014

SPECIAL ANNIVERSAIRE / ITW FLASHBACK / JULIE PIETRI / 1er octobre 2003


Mercredi 1er octobre 2003, 11 heures, rendez-vous avec Julie Pietri alors en pleine promo de son album « Lumières ». Une excellente interview, un excellent souvenirs. Au bout du téléphone, une Julie Pietri pleine d'énergie et très bavarde. Sa réponse à la première question d' à peu près 15 minutes, répond à 3 autres de mes questions ! Inutile de vous dire comme j'ai pu jongler ! Sacrée Julie !

Promo : album "Lumières".
Date de l'interview: 1er octobre 2003.

Patrick Roulph / 80's records : Cet album “Lumières” inaugure un genre nouveau. Celui du judicieux mélange entre standards de la chanson française, anciens titres dans leurs versions d’origines et nouvelles chansons. Quel a été le point de départ de cet album “Lumières” huit ans après “Féminin singulière” ?

Julie Pietri : Pour tout vous dire, j’avais été un peu déçu par l’accueil fait à “Féminin Singulière”. J’ai essayé de réorchestrer certains morceaux qui avaient fait mon succès et donner des inédits que j’avais écrits avec François Bernheim et j’ai trouvé au final que la production à qui j’avais fait confiance avait... comment vous dire... sous-mixé ma voix, parfois même ils m’ont dit : “Chanter avec ta vraie voix, c’est démodé”. On ne m’avait pas laissé carte blanche au niveau de ce que je savais donner, artistiquement et vocalement. Je me suis senti frustrée à divers niveaux en ce qui concerne cet album “Féminin singulière”. Donc, quand Sony, qui était ma première maison de disques avec “Magdalena”, est venue me chercher pour ce nouvel album “Lumières”, j’ai demandé à être mon propre producteur. Je me suis donné carte blanche, on m’a donné carte blanche. En ce qui concerne le choix des morceaux de cet album, j’ai trouvé intelligent de montrer que j’avais existé avec certaines chansons. Nous avons donc repris les versions originales de “Eve, lève-toi”, “Maria Magdalena”, Immortelle” et “Nouvelle vie”. Mais je n’ai pas voulu y mettre uniquement que mes grands tubes, j’ai donc rajouté “Salambo” et “Etrangère” puisque ces chansons comme l’album “La légende des Madones” duquel elles sont extraites font parties profondément de mon être. En ce qui concerne “Et c’est comme si”, je n’ai pas pu racheter l’original, je n’ai pas pu en avoir la licence, donc j’ai repris la version enregistrée en 1995 que je trouve finalement assez belle. Quant au reste, Sony m’a dit “Faîtes ce que vous voulez !”, “Produisez ce que vous voulez !”. J’ai donc chanté ce que je voulais, avec des arrangements épurés, nous avons utilisé un vrai piano, de vraies guitares ; j’ai trouvé l’arrangeur que je voulais.

Patrick Roulph / 80's records : Avec “Où tu voudras que j’aille”, vous exploitez une nouvelle façon de chanter et un style nouveau.

Julie Pietri : Oui, nous nous sommes un peu amusé en produisant cette chanson un peu dance, façon Cher. Je me souviens du magazine “Jalouse” qui durant mon absence médiatique avait écrit “French Cher Lève-toi”. J’ai trouvé ça marrant. D’où ce titre “Où tu voudras que j’aille” façon dance, que je voulais placer à l’origine en bonus track.

Patrick Roulph / 80's records : Certains voient en ce titre le prochain single alors que votre dossier de presse annonce un single inédit. Cela veut-il dire que l’exploitation de ce nouvel album s’arrête-là ?

Julie Pietri : Il n’y aura pas de single pour cet album “Lumières” car il est prévu depuis ma victoire à l’émission “Retour gagnant” un single inédit “Si l’on parlait de ma vie”. On m’a donc demandé de ne sortir aucun single de l’album “Lumières”.

Patrick Roulph / 80's records : Dans le patrimoine mondial de la chanson, quelle chanson auriez-vous aimé écrire et composer ?

Julie Pietri : Mon Dieu, quelle question difficile. Il y en a tellement !... (Long silence)... J’aurai aimé écrire et composer “Summertime”, “Unforgatable” de Nathing Cole. En fait, il y a plein de choses de Nathing Cole que j’aurai aimé écrire, je suis très admirative de cet artiste. (Elle réfléchit).... “Imagine” de John Lennon. De Piaf “L’hymne à l’amour”, “Non,je ne regrette rien” que j’ai chanté à l’Olympia en 1987, “La vie ne m’apprends rien” que j’avais reprise toujours à l’Olympia bien avant que ma camarade Liane Foly l’ai reprise. “Les vieux amants” de Brel, “Ma plus belle histoire d’amour” de Barbara. Je suis tellement admirative de tellement de monde.

Patrick Roulph / 80's records : Votre site internet Julie-pietri.com est tout simplement superbe. Avez-vous des exigences, quant à son contenu ?

Julie Pietri : Merci pour Stéphane. Je choisi personnellement les photos qui paraissent. Je demande à mon entourage, à ma famille si certaines photos les choquent ou pas. J’aime l’esthétisme et je trouve toutes ces pages fantastiques. Stéphane me rend un hommage personnel tout à fait fantastique, il est génial. Stéphane a un sens artistique qui correspond au mien. Quant au contenu j’ai tenu a ce qu’il y ait un fan-club. Le forum est également très important. Je suis à l’écoute des gens. A la fin des concerts je discute avec le public. Nous échangeons nos avis, nous parlons beaucoup.

Patrick Roulph / 80's records : La partie discographique sur le site est très complète, jusqu’à y inclure des compilations sorties sans votre autorisation. Vous n’êtes pas rancunière ?

Julie Pietri : Non, que voulez-vous que je dise ? Vous ne pouvez pas non plus crier... C’est une reconnaissance quelque part aussi à sa juste valeur. C’est vrai qu’il y a des compilations qui sont sorti dans mon dos avec des titres que je ne cautionnais pas forcément... mais c’est aussi un hommage. Il faut le prendre comme ça. Il faut être positif.

Patrick Roulph / 80's records : Vous fêterez en 2005 vos vingt cinq années de carrière. Quelle regard portez-vous sur ces années-là ?
Julie Pietri : J’ai parfois été écrasée par le poids du machisme de cette profession et parfois je me suis permis des culots qui m’ont réhabilité avec ma conscience. Quand je dis à Carrère, j’écrirais “Et c’est comme si” et tu le produiras, il fallait un culot monstre car lui ne voulait pas. Et finalement il a dit un jour dans son bureau: “Cette petite conne a eu raison”. (Rires). De nouveau le machisme je subissais. J’ai osé en 1987 revenir avec mon nom Pietri, il fallait le faire, puis écrire la révolte des nanas comme moi qui ont quelques choses à dire dans “Eve lève-toi” ! Le regard que je porte sur toute cette carrière c’est à la fois d’avoir des idées très fortes, des désirs artistiques très forts et le sentiment très fort que l’on m’empêchait parfois de créer, car il y avait de gros macho en face de moi et une industrie implacable sur mon image de chanteuse -oui t’es belle, t’es con, tais-toi- et moi qui suis taureau je leur disais que je ferais ce que je voudrais, je rattrapais le coup (Rires). Il m’a fallut beaucoup lutter, sans que les gens s’en aperçoivent d’ailleurs. On voyait de moi que mes yeux bleus et on disait, oui elle chante pas mal. Mais il faut beaucoup d’énergie pour exister.

Propos recueillis le 1er octobre 2003 par Patrick Roulph

Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, toute modification, de même que toute utilisation commerciale de façon permanente ou provisoire sans le consentement de l'auteur est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. » (article L. 122-4 CPI).

4 commentaires:

  1. Coucou Patrick ! Un très bon anniversaire à ton site que j'ai toujours plaisir à consulter. Chez Patrick c'est chic ! Félicitations pour la bannière qui est de toute beauté. Un plaisir de revoir le minois de Gérard Blanc. Amitiés musicales.

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    1. Coucou Joanne, merci beaucoup pour tes compliments. La bannière plait beaucoup, c'est vrai. L'interview de Gérard Blanc reste un merveilleux souvenir. C'était aussi ma toute première interview pour le site qui n'était pas encore en ligne, il m'a accordé sa confiance. A lire prochainement...

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  2. un raté ta pas parler D2 EAU de jeanne comme tu avais promis ! bon anniversaire quant meme !!

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    1. Je vais être très honnête. Je n'ai pas accroché à l'album « H2-eau », malgré des textes intéressants, la musique en boucle directement inspirée de célèbres logiciels grand public me lasse très vite.
      Par respect au travail fourni par l'artiste, je préfère ne pas parler du projet lorsque j'y suis insensible ou lorsque je n'adhère pas. C'est un choix, une ligne éditoriale que je souhaite conserver.
      Mais Jeanne garde tout son aura et son talent qui s'exprime à 100 % en concert. Une artiste à voir absolument sur scène. Nous serons donc nombreux le 17 octobre prochain, aux Folies Bergères.

      Merci pour ta fidélité et ton soutien au travail de Jeanne.

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