jeudi 21 juillet 2011

Le Minitel disparaîtra définitivement en juin 2012


Après 30 ans de bons et loyaux services, le Minitel, invention française (cocorico !) qui a équipé jusqu'à neuf millions de foyers dans l'Hexagone, va disparaître définitivement en 2012, succombant définitivement au succès d'internet (tu m'étonnes !).

Avec l'essor de la Toile, la fin du petit cube en plastique qui permettait de trouver un numéro de téléphone, s'inscrire à l'université, acheter par correspondance ou consulter les messageries "roses" ou "arc-en-ciel" qu'il contribua à populariser, avait déjà été proclamée à plusieurs reprises. France Télécom, qui l'a lancé en 1982, lui a finalement accordé un dernier sursis de neuf mois pour le laisser mourir de sa belle mort le 30 juin 2012. 

L'opérateur a retenu officiellement cette date pour "l'arrêt technique de son offre X25", le nom de code utilisé par ses ingénieurs pour désigner le réseau qui fait fonctionner le Minitel, que France Télécom Orange prévoyait jusqu'ici de fermer le 30 septembre 2011. 

"Nous avons décidé de repousser cet arrêt au 30 juin 2012 pour apporter plus de confort aux éditeurs qui doivent migrer (leurs services vers internet)", selon un porte-parole d'Orange. "Même si le Minitel fait toujours du chiffre d'affaires, les usages et le trafic sont en nette décroissance. Il se dirige vers une mort naturelle", ajoute-t-il. 

Encore 810.000 exemplaires en circulation !

La mort du Minitel marquera la fin de ce qui fut vanté à ses débuts comme une "révolution télématique", avec des terminaux dédiés, austères mais solides et peu onéreux, s'ouvrant en un tour de main pour laisser apparaître un écran et un clavier, à partir desquels on accédait à un réseau vidéotexte. Le Minitel a connu son apogée en 2002, équipant alors neuf millions de foyers et entreprises. Mais il n'a jamais réussi à s'exporter au-delà des frontières françaises. 

Fin 2010, il ne restait plus que 810.000 terminaux classiques en circulation. Le service était par ailleurs utilisé par 950.000 personnes sur ordinateur, grâce à un logiciel lancé en 2000 qui permettait d'y accéder via internet mais va également disparaître. Le chiffre d'affaires du Minitel a atteint son point culminant à la fin des années 1990 avec un milliard d'euros de revenus, mais il n'a cessé de décliner depuis. Il est tombé l'an dernier à 30 millions d'euros brut, sur lesquels France Télécom "reverse 85% aux éditeurs", souligne l'entreprise. 

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